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Hector Berlioz | Les nuits d’été



Hector Berlioz schopte iedereen als criticus tegen de schenen. Zijn eigengereidheid ging samen met een onstuimig gevoelsleven en een grenzeloze fantasie. Toen hij de cyclus ‘Les Nuits d’été’ schreef leed hij hevig. Zijn huwelijk was mislukt.

Hector Berlioz | Les nuits d’été | NL


Villanelle
Le spectre de la rose
Sur les lagunes
Absence
Au cimetière: Clair de lune
L’île inconnue


Villanelle

Villanelle


Quand viendra la saison nouvelle,
Quand auront disparu les froids,
Tous les deux nous irons, ma belle,
Pour cueillir le muguet aux bois;
Sous nos pieds égrenant les perles
Que l’on voit au matin trembler,
Nous irons écouter les merles
Siffler.

Le printemps est venu, ma belle,
C’est le mois des amants béni,
Et l’oiseau, satinant son aile,
Dit des vers au rebord du nid.
Oh! viens donc, sur le banc de mousse
Pour parler de nos beaux amours,
Et dis-moi de ta voix si douce:
Toujours!

Loin, bien loin, égarant nos courses,
Faisant fuir le lapin caché,
Et le daim au miroir des sources
Admirant son grand bois penché;
Puis chez nous, tout heureux, tout aises,
En panier enlaçant nos doigts,
Revenons, rapportant des fraises
Des bois.


Le spectre de la rose

Le spectre de la rose


Soulève ta paupière close
Qu’effleure un songe virginal;
Je suis le spectre d’une rose
Que tu portais hier au bal.
Tu me pris, encore emperlée
Des pleurs d’argent, de l’arrosoir,
Et parmi la fête étoilée
Tu me promenas tout le soir.

O toi qui de ma mort fus cause,
Sans que tu puisses le chasser,
Toutes les nuits mon spectre rose
A ton chevet viendra danser.
Mais ne crains rien, je ne réclame
Ni messe ni De profundis:
Ce léger parfum est mon âme,
Et j’arrive du paradis.

Mon destin fut digne d’envie:
Et pour avoir un sort si beau,
Plus d’un aurait donné sa vie,
Car sur ton sein j’ai mon tombeau,
Et sur l’albâtre où je repose
Un poëte avec un baiser
Écrivit: Ci-git une rose,
Que tous les rois vont jalouser.


Sur les lagunes

Sur les lagunes


Ma belle amie est morte:
Je pleurerai toujours
Sous la tombe elle emporte
Mon âme et mes amours.
Dans le ciel, sans m’attendre,
Elle se retourna;
L’ange qui l’emmena
Ne voulut pas me prendre.
Que mon sort est amer!
Ah! sans amour s’en aller sur la mer!

La blanche créature
Est couchée au cercueil.
Comme dans la nature
Tout me paraît en deuil!
La colombe oubliée
Pleure et songe à l’absent;
Mon âme pleure et sent
Qu’elle est dépareillée!
Que mon sort est amer!
Ah! sans amour s’en aller sur la mer!

Sur moi la nuit immense
S’étend comme un linceul;
Je chante ma romance
Que le ciel entend seul.
Ah! comme elle était belle
Et comme je l’aimais!
Je n’aimerai jamais
Une femme autant qu’elle.
Que mon sort est amer!
Ah! Sans amour s’en aller sur la mer!


Absence

Absence


Reviens, reviens, ma bien-aimée!
Comme une fleur loin du soleil,
La fleur de ma vie est fermée
Loin de ton sourire vermeil.

Entre nos cœurs quelle distance!
Tant d’espace entre nos baisers!
O sort amer! ô dure absence!
O grands désirs inapaisés!

Reviens, reviens, ma belle aimée!
Comme une fleur loin du soleil,
La fleur de ma vie est fermée
Loin de ton sourire vermeil!

D’ici là-bas que de campagnes,
Que de villes et de hameaux,
Que de vallons et de montagnes,
A lasser le pied des chevaux!

Reviens, reviens, ma belle aimée!
Comme une fleur loin du soleil,
La fleur de ma vie est fermée
Loin de ton sourire vermeil!


Au cimetière: Clair de lune

Au cimetière: Clair de lune


Connaissez-vous la blanche tombe
Où flotte avec un son plaintif
L’ombre d’un if?
Sur l’if une pâle colombe
Triste et seule au soleil couchant,
Chante son chant;

Un air maladivement tendre,
A la fois charmant et fatal,
Qui vous fait mal,
E qu’on voudrait toujours entendre;
Un air comme en soupire aux cieux
L’ange amoureux.

On dirait que l’âme éveillée
Pleure sous terre à l’unisson
De la chanson,
Et du malheur d’être oubliée
Se plaint dans un roucoulement
Bien doucement.

Sur les ailes de la musique
On sent lentement revenir
Un souvenir;
Une ombre une forme angélique
Passe dans un rayon tremblant,
En voile blanc.

Les belles de nuit, demi-closes,
Jettent leur parfum faible et doux
Autour de vous,
Et la fantôme aux molles poses
Murmure en vous tendant les bras:
Tu reviendras?

Oh! Jamais plus, près de la tombe
Je n’irai, quand descend le soir
Au manteau noir,
Écouter la pâle colombe
Chanter sur la pointe de l’if
Son chant plaintif!


L’île inconnue

L’île inconnue


Dites, la jeune belle,
Où voulez-vous aller?
La voile enfle son aile,
La brise va souffler.

L’aviron est d’ivoire,
Le pavillon de moire,
Le gouvernail d’or fin;
J’ai pour lest une orange,
Pour voile une aile d’ange,
Pour mousse un séraphin.

Dites, la jeune belle,
Où voulez-vous aller?
La voile enfle son aile,
La brise va souffler.

Est-ce dans la Baltique?
Dans la mer Pacifique?
Dans l’île de Java?
Ou bien est-ce en Norvège,
Cueillir la fleur de neige,
Ou la fleur a’Angsoka?

Dites, dites, la jeune belle, dites, où voulez-vous aller?

Menez moi, dit la belle,
A la rive fidèle
Où l’on aime toujours!
Cette rive, ma chère,
On ne la connaît guère
Au pays des amours.

Où voulez-vous aller?
La brise va souffler.



Zaterdag 9 september 2017

Ellen Pieterse en Frank Fahner brengen Zwoele Zomernachten in de Kapel op ’t Rijsselt, Mettrayweg 25, Eefde